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Mis en ligne par
Ignace de Witte
le 4 avril 2020
Photos © service presse
(Cliquez sur les photos pour les agrandir)
Dans les années 90, il y avait toujours une Venturi 200 grise garée devant la discothèque à l’entrée de Saint-Gilles. Et aujourd’hui, Il y a une autre Venturi sur l’île, une 300, arrivée grise mais repeinte depuis en rouge Ferrari. Et voici une…260!
Cette marque française est née à l’initiative d’anciens salariés de chez Heuliez qui ont rassemblé leurs économies et leurs talents respectifs: Gérard Godfroy (designer chez Peugeot puis Heuliez), Claude Poiraud (ingénieur chez Chrysler, Alpine puis Heuliez), Jean-Pierre Sachot (méthode développement) et Jean-Jacques Turquand (responsable production).
Leur premier modèle s’appelle la Ventury (avec un y) qu’ils présentent au Salon de Paris en 1984, équipé d’un 1800 de Golf GTi. Ce n’est qu’un prototype mais il séduit Hervé Boulan, un homme d’affaires passionné de voitures, qui roule en Ferrari Testa Rossa et rêve d’une supercar française.
Il fonde et devient pdg de la MVS (Manufacture de voitures de sport) et le nom Ventury devient Venturi, parce que cela rappelle l’«effet venturi» et que cela se termine par un i comme Ferrari!
Après plusieurs essais, notamment le 4 cylindres 2 litres turbo de la Peugeot 505 (203 ch), Venturi opte finalement pour un V6, plus noble: le PRV, fabriqué par «La Française de mécanique», à Douvrin. PRV est pour Peugeot-Renault-Volvo, les trois actionnaires, qui apportent également chacun leur savoir-faire dans cette joint-venture: Peugeot le bureau d’études, Volvo l’injection et Renault le savoir-faire dans le domaine de la fonderie.
Le V6 PRV issu de cette collaboration équipe de nombreux modèles haut de gamme de l’époque: le coupé 504 V6, la Renault 30, la Peugeot 604, la Volvo 264, l’Alpine A610, la de Lorean et même un avion (Robin). Sur la Venturi, le moteur est en position longitudinal arrière, ce qui confère à la voiture une répartition des masses de 40 % à l’avant et 60 % à l’arrière.
La carrosserie de la Venturi est en polyesther, dessinée par Gérard Godfroy, avec un Cx de 0,31 et sa fabrication est sous-traitée auprès de la société spécialisée ATMC, dont le dirigeant Guy Prache est un ami. La carrosserie est collée au châssis poutre (en acier traité), de façon a améliorer la rigidité.
La Venturi est alors la réponse française aux Porsche 944, Lotus Esprit Turbo et autres Ferrari 328 GTB de l’époque, avec une puissance inférieure mais un comportement routier et un freinage exemplaires. Le train arrière est à 5 bras et le train avant à double triangles superposés. La finition est également excellente (manufacture = faite à la main).
En 1990, le logo MVS est remplacé par Venturi, avec un gerfaut (oiseau de proie).
Venturi a participé au championnat du monde de Formule 1 en 1992 (écurie Larousse) et aux 24 Heures du Mans en 1993 et la french tech séduit des investisseurs: Primwest, Omnium Europe, Nakarin-Benz, AutoAmerica Corporation Pty Ltd, etc. Mais au point de vue commercial, les clients jugent les voitures trop chères par rapport à la concurrence allemande et italienne et les ventes ne décollent pas. Plusieurs changements de pdg n’y changent rien.
Le modèle qui a eu le plus de succès est la 260, équipée de la version turbo du V6, alésé à 2849cc et délivrant 260 ch (d’où le nom du modèle).
L’exemplaire ici en photos date de 1996, c’est une voiture qui a été vendue aux enchères par Aguttes en 2017. C’est une version LM (Le Mans), allégée, avec des sièges baquets Recaro et des jantes magnésium OZ de 17 pouces (contre 16 pouces en monte standard).
En augmentant la cylindrée de 2,4 à 2,8 puis 3 litres, en augmentant la pression du turbo de 0,7 à 0,95 puis 1 bar, en adoptant une culasse à double arbre à cames en tête, etc. Venturi va produire des voitures de plus en plus puissantes, jusqu’à 408ch pour les versions route et plus de 500 ch pour les versions endurance.
Mais les prix suivent la même trajectoire et Venturi reste une marque confidentielle, pour passionnés.
En 2000, après avoir changé 5 fois de propriétaire, la marque est rachetée par l’ingénieur du MIT, pilote automobile et millionnaire monégasque Gildo Pastor. Celui-ci décide d’abandonner le thermique et se tourner vers l’électrique. En 2004, Venturi lance le Fetish II, un petit roadster full électrique, c’est deux ans avant que Tesla ne lance le sien sur base de Lotus…
Pastor croit fermement dans l’électrique et multiplie les exploits: raids Shangaï-Paris et Nairobi-Johannesburg, record de vitesse à SaltLake City (549 km/h), participation au championnat du monde de Formule E, avec le pilote Felipe Massa, etc. En 2010, Gildo Pastor rachète la marque moto française Voxan.
Malheureusement, l’entrepreneur monégasque doit affronter non seulement la crise économique de 2009 mais il doit aussi faire face à des ennuis de santé (AVC) et une tragédie: le 6 mai 2014, sa mère, Hélène Pastor, reçoit un coup de fusil alors qu’elle vient justement lui rendre visite à l’hôpital de Nice. Elle succombera le 21 mai. Un an plus tard, en mai 2015, Gildo Pastor accepte une nomination comme consul de Monaco à New-York.
Venturi 260 LM | |
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Longueur | 4090 mm |
Largeur | 1700 mm |
Hauteur | 1170 mm |
Poids | 1255 kg |
Moteur | V6 à 90° |
Alésage | 91 mm |
Course | 73 mm |
Cylindrée | 2849 cc |
distribution | 2 X 1 arbre à cames |
soupapes | 2 x 6 = 12 s |
Turbo | Garret T3 0,95 bar |
Puissance | 260 ch (191 kW) |
Couple | 410 Nm |
Boîte | BVM5 crabots SADEV |
Poids | 1275 kg |
0-100 km/h | 5,3 sec |
Vitesse | 278 km/h |
Freinage | 4 disques ventilés 280 mm |
Réservoir | 90 litres |