Mis en ligne par
Ignace de Witte
le 4 septembre 2016
Photos © vroum.info
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Le Toyota Hilux est devenu une vedette des actualités télévisées en 1986-1987, lors du conflit tchado-lybien qui a opposé Hissène Habré et Mouammar Kadhafi et plus précisément lors de l’épisode de «la guerre des Toyota». Le pick-up japonais a réussi à remplacer la Jeep du débarquement dans l’imaginaire collectif pour désigner un véhicule que rien ne peut arrêter. Et cette réputation n’est pas usurpée!
François Mitterrand est intervenu pour soutenir le gouvernement tchadien, diplomatiquement et militairement (opération Manta puis opération épervier), de même que des «conseillers militaires» israéliens, la CIA, le KGB, la DGSE, etc. bref tout le monde s’en est mêlé, de sorte qu’il n’y avait sans doute aucune chance d’échapper à la déstabilisation durable de toute la région!
Les motivations des uns et des autres sont bien entendu la défense des droits de l’homme et absolument pas les énormes réserves de pétrole, manganèse et uranium! C’est dans ce contexte de diplomatie, guerre et espionnage digne d’un film de James Bond que le pick-up Toyota a percé sur la scène internationale.
Transformés en «technical» (véhicules militaires improvisés), une armée de Hilux a permis l’assaut éclair d’une base aérienne lybienne située en plein désert du Sahara. Khadafi y a perdu un millier d’hommes et une trentaine d’avions de chasse MiG-21, MiG-23, Soukhoï Su-22 et des hélicoptères d’attaque Mil Mi-24.
On a appelé cet épisode, la «guerre des Toyota».
Il paraît qu’à la suite de cette défaite militaire, Khadafi a passé commande de 10.000 pick-up Toyota, payés cash et qui lui ont bel et bien été livrés, via un pays d’Afrique du Nord, au grand dam des services américains et français! C’est ainsi que la légende est née. Mais elle est basée sur des faits réels et surtout les réelles qualités de l’Hilux: fiabilité, performances.
Si on prend en compte les deux premières générations de Hilux (1968 et 1972) qui n’étaient pas 4x4, il s’en est vendu 18 millions à ce jour! Toyota possède ainsi certainement la plus grande expérience au monde en matière de pick-up. La dernière génération (2016) est la 8e. Elle est distribuée dans 170 pays.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, le «Toy» a encore évolué: sa capacité de tractage passe de 2,8 à 3,2 tonnes et sa charge utile passe à plus d’une tonne (contre 700 kg auparavant).
Esthétiquement, on note que le bouclier avant est plus proéminent mais offre un meilleur angle d’attaque. À l’arrière, le pare-chocs descend davantage, pour éviter l’encastrement d’un véhicule qui le percuterait par l’arrière. Cela se voit moins mais la gestion électronique de la motricité est aussi améliorée.
Vous vous arrêtez en pleine pente, vous lâchez le pied du frein pour accélérer légèrement, sans vous aider du frein à main, et il repart tranquillement: impressionnant.
En descente, il gère également tout seul la rotation des roues, pour qu’elles ne freinent pas inutilement et provoquent un phénomène de luge incontrôlée.
Ses grands débattements de suspension font merveille: il faut vraiment des trous énormes pour qu’une roue quitte le sol, et encore, dans ce cas, la répartition électronique du couple se fait sur les autres roues et il poursuit son petit bonhomme de chemin comme si de rien n’était. Il ne lui faut que deux roues en contact avec le sol pour avancer!
Les actualités télévisées sont toujours là pour le prouver: le Hilux n’a pas peur du désert, de la savane, de la jungle et sa benne accueille sans problème du gros matériel, même militaire!
Les monticules du circuit Félix Guichard sont pour lui une simple promenade et les journalistes invités par la CMM se sont bien amusés.
*mil: abréviation de militaire, «mil spec» = conforme au cahier des charges de l’armée (military specification).
La benne du Toyota Hilux est surprenante: au premier coup d’œil, on dirait de simples panneaux plastiques rapportés mais, en y regardant de plus près, on découvre qu’il s’agit en réalité d’une couche de plastique projeté à chaud, d’où l’aspect «grosses gouttes». Le revêtement de benne adhère donc parfaitement à la carrosserie et cette technique supprime les infiltrations d’humidité entre le plastique et la tôle, (pluie, karcher) avec tous les risques de corrosion que cela entraîne. De plus, cela participe à l’insonorisation du véhicule.