Mis en ligne par
Ignace de Witte
le 4 avril 2011
À la différences des marques européennes, il se passe chez les constructeurs coréens très peu de temps entre la présentation d’un concept-car et sa commercialisation effective. Et pour rassurer les clients inquiets par tant de réactivité, Kia garantie ses voitures 7 ans, un argument imparable : vous la gardez 5 ans et quand vous la revendez, le nouvel acquéreur bénéficie encore de 2 ans de garantie, même les professionnels de l’occasion n’en offrent pas autant!
Kia a été rachetée par Hyundaï en 1998 mais dispose d’une large autonomie de décision. Et c’est tant mieux car force est de constater que Kia rivalise de talent avec Hyundaï, pour preuve: le nouveau Sportage, construit sur la même plateforme que l’IX 35 de Hyundaï.
Le livret précise bien: « AVERTISSEMENT: ce véhicule est conçu à l’origine pour une conduite sur route même s’il est très performant sur tous les terrains. Toutefois, il n’a pas été conçu pour affronter des terrains difficiles ». On a donc à faire à un 4x4 de ville, pas un 4x4 de franchissement. C’est encore plus vrai pour les versions de base 4x2! Mais c’est une version 4x4 que nous a aimablement prêté Kolors pour notre essai, et pas n’importe laquelle: la version premium, celle avec le diesel 2 litres 136 CV, boîte de vitesses automatique à 6 rapports, jantes 18 pouces avec pneus 235 taille basse, intérieur cuir, etc. (alors que la version de base 4x2 a un diesel développant 115 CV, des jantes alu 17 pouces, une boîte manuelle et un équipement plus modeste).
La différence de tarif est de taille: 24.900 € pour la version de base, contre 34.900 € pour le Sportage Premium. S’il est évident que c’est la version de base qui va se commercialiser le plus à La Réunion, il est intéressant de voir à quoi peut ressembler la version premium. Eh bien, c’est assez surprenant car, pour un tarif qui reste à des années lumières de la production allemande, Kia nous offre des prestations dynamiques, du moins sur route, et un niveau de confort à bord qui supportent la comparaison. Les temps changent: il faut accepter que les Coréens savent faire des voitures! Objectivement, l’écart technologique entre les Coréennes et les Européennes se réduit très rapidement. Par contre, c’est vrai, les mentalités n’évoluent pas aussi vite et rouler en Kia, ce n’est pas encore aussi «statutaire» que rouler avec n’importe quelle marque allemande, et cela pour quelques années encore. Quant à la légendaire solidité allemande, KIA pare le coup efficacement avec sa garantie incroyable de 7 ans / 150.000km.
L’essai du KIA Sportage premium nous a permis de découvrir une voiture avec énormément de qualités, que ce soit au niveau du style, du comportement routier (en conditions normales d’utilisation) et surtout de l’équipement. Rien ne manque: sièges cuir, caméra de recul avec écran intégré au rétroviseur intérieur, stop & start, clim bizone, toit panoramique ouvrant, capteur de pluie, allumage automatique des phares, prises USB, iPod, ouverture des portes et démarrage sans clef, commande vocale, airbags «de partout», sièges à réglage électrique, etc.
Photos © vroum.info
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Le confort à bord est excellent; l’insonorisation est particulièrement soignée. Nous avons noté des masselottes sur le moteur, destinées à annuler les vibrations, et c’est drôlement efficace!
D’un point de vue technologique, on a droit à un classique bloc diesel 4 cylindres 2 litres turbocompressé, 16 soupapes, à injection directe. Il délivre 136 CV, ce qui est, à notre humble avis, un bon compromis performances/consommation. La vitesse maxi est de 181 km/h et le 0-100 est parcouru en 12,1 secondes (données constructeurs). C’est évidemment moins véloce que la concurrence allemande, mais c’est suffisant pour se déplacer, ce qui est justement la vocation du Sportage. Et puis, ce n’est pas le même prix non plus!
Le Sportage Premium bénéficie d’une transmission intégrale entièrement automatique. Le conducteur peut toutefois bloquer les différentiels en terrain difficile grâce à un petit bouton à droite du sélecteur de vitesses. Il peut également enclencher un petit bouton à gauche du volant sur le tableau de bord pour forcer le frein moteur dans les très fortes descentes.
À noter que François Caillé a négocié avec l’usine coréenne un vrai contrat de distribution car il ne disposait jusqu’à présent que d’une simple LOI (Letter Of Intention), qui pouvait être remise en question du jour au lendemain, un comble quand même pour une marque qui garantie ses véhicules 7 ans!
C’était très important pour lui car il compte beaucoup sur KIA pour remonter la pente. En effet, selon son analyse, «Le marché automobile réunionnais se répartie maintenant en trois: les marques premium, dont les ventes restent stables, les marques généralistes, dont les ventes diminuent, et les entrée de gamme (je n’aime pas dire low-cost), qui progressent. Les entrée de gamme, j’en identifie quatre: Chevrolet, Dacia, Kia et Hyundaï. Et on a de la chance : sur les quatre, deux sont chez nous (ndlr: Kia et Chevrolet)! D’après les chiffres des deux premiers mois 2011, le phénomène non seulement se confirme mais s’amplifie».