Mis en ligne par
Ignace de Witte
le 8 décembre 2012
(dernière modification le 15 février 2018)
Grâce aux clients institutionnels (EDF, La Poste, certaines collectivités locales), l’expérience électrique commencée par Citroën avec l’AX s’est poursuivit en 1997 avec la Saxo électrique, elle-aussi assemblée par Heuliez. À l’époque, la France était le pays européen avec le plus de voitures électriques en circulation. Même le Conseil Général de La Réunion, sous la présidence de Christophe Payet (PS), en a acquis quelques exemplaires.
Extérieurement, la Saxo électrique ne se distingue de la version thermique que par le cache prise sur l’aile avant droite. Dans l’habitacle, on note évidemment l’absence de levier de vitesses et de pédale d’embrayage. Le tableau de bord a également des cadrans différents. Deux voyants sont très importants, situés à gauche et à droite des compteurs: ils indiquent si c’est la marche avant ou la marche arrière qui est enclenchée. Celle-ci s’enclenche en appuyant sur un banal interrupteur au tableau de bord indiqué «R».
La Saxo électrique reprend le moteur et le pack de batteries Nickel-Cadmiun de l’AX électrique. Le moteur électrique (Leroy Somer type SA 13) est positionné sur le train avant. Il pèse 72 kg. Sa puissance nominale est de 11 kW, sa puissance maxi de 20 kW et son couple de 127 Nm transmis aux roues avant via un réducteur à un seul rapport (Leroy-Somer type SR72 à train épicycloïdal). Ce moteur fonctionne en courant continu 120 volts, est refroidi par air (ventilateur) et son régime maxi est 6500 tr/min. Le boitier électronique de régulation de puissance (Sagem) est positionné au dessus du moteur, à l’avant. Il est équipé d’un convertisseur pour maintenir la batterie accessoires de 12 volts chargée (essuie-glaces, phares, pompe à vide, etc.) Comme la vitesse maxi de la Saxo électrique est de 90 km/h, ne me demandez pas son chrono pour passer de 0 à 100, mais de 0 à 50 km/h: 8,3 sec.
Photos © vroum.info
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Le moteur électrique est alimenté par un pack de 20 batteries 6 volts (soit 120 volts en série et 100 Ah) de marque SAFT (type STM 5100). Le pack complet pèse 260 kg, réparti entre l’avant (9 batteries) et l’arrière (11 batteries). Les batteries sont refroidies par un circuit d’eau de 12 litres, avec une pompe et un radiateur. Le chargeur embarqué de 3 kW permet de recharger les batteries de 0 à 100% en 8 heures sur une prise domestique 16A et la durée de vie des batteries est estimée à 1600 cycles, soit 100.000 km. L’autonomie est de 80 km.
On notera aussi que PSA a collaboré avec Michelin pour développer un pneu spécialement conçu pour les véhicules électriques, et notamment la Saxo: le «Green Proxima». Sa carcasse est renforcée, pour tenir compte du poids du véhicule et une pression de gonflage recommandée de 2,6 bar à l’avant et 2,8 bar à l’arrière. Son coefficient de friction au sol est faible (avec une adhérence identique), pour améliorer l’autonomie, avec un gain mesuré de +5%. Attention, ce pneu est interdit sur les thermiques, en raison de son indice de vitesse.
Pour l’anecdote, la Saxo électrique dispose d’un petit réservoir d’essence de 10 litres, pour alimenter le sytème de chauffage à combustion (Webasto) !
La Saxo électrique était disponible en deux versions: 2 places (VUL) et 4 places (VP). Elles pesaient respectivement 1085 et 1095 kg. La version 4 places (VP) était commercialisée 86.500 FF + 605 FF par mois pour la location des batteries, soit approximativement le même tarif qu’une thermique (Saxo 1.6i SX essence: 85.600 FF).
Michel Crépeau, ancien ministre de l’Environnement de 1981 à 1983 et maire de La Rochelle, voulait créer un service de location en libre-service (bien avant autolib à Paris). Il est hélas mort en 1999 avant de concrétiser son projet mais il l’a été par son successeur à la mairie, Maxime Bono (PS), et cela dès 1999. Il a mis 12 millions de FF dans un service de voitures électriques en libre-service composé de 25 Saxo électriques (et autant de 106 électriques, son clone Peugeot). Le projet a vu le jour grâce à la participation du conseil Général, du conseil Régional, de l’État, de l’Europe, l’Ademe, etc. sans oublier Liselec (groupement PSA et Alcatel transports).
À la Réunion, Christophe Payet, alors président du conseil Général, PS comme Maxime Bono, a commandé quelques Saxo et 106 électriques, mais nous en avons vue qu’une seule, une Saxo, et une seule fois, et impossible de savoir ce qu’elles sont devenues depuis ! En tous cas, à La Rochelle, le service de location a parfaitement fonctionné pendant 10 ans, après quoi, la ville à procédé au renouvellement complet de la flotte, devenue obsolète.
Citroën a entretemps mis un terme à la production de la Saxo électrique: pas rentable et elle se vendait mal (3540 exemplaires) car lourde et sous-motorisée par rapport aux thermiques en face. Pour la Citroën C-Zéro qui lui a succédé, le business-plan est totalement différent: c’est une co-entreprise PSA-Mitsubishi.
La Rochelle a donc renouvellé son parc de voitures électriques par des Citroën C-Zéro (et aussi des MIA françaises). Ils ont également choisi un nouveau prestataire (Véolia transports), qui a changé le nom du service, qui s’appelle depuis 2010 Yelomobile. L’expérience de La Rochelle est aujourd’hui encore un modèle de réussite et a inspiré de nombreuses villes, en France et dans le monde.
Citroën Saxo électrique | |
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Longueur | 3718 mm |
Largeur | 1595 mm |
Empattement | 2385 mm |
Poids à vide | 1085 kg (VU) 1095 kg (VP) |
Poids Total Roulant | 1385 kg (VU) 1395 kg (VP) |
Charge Utile | 300 kg |
Moteur électrique Leroy-Somer SA13 | |
Type | à courant continu excitation séparée |
Puissance | 11 kW nominal / 20 kW crête de 1600 à 5500 tr/min |
Régime maxi | 6500 tr/min |
Couple | 127 Nm de 0 à 1600 tr/min |
Réducteur Leroy-Somer SR72 | |
Rapport | 1/7,2 |
vitesse pour 1000 tr/min | 14 km/h |
Batterie | |
Type | 6 volts Nickel Cadmium |
Nombre | 20 |
Voltage | 20x6= 120 volts |
Chargeur | |
Puissance | 3 kW (prise 230 volts 16A) |
Performances | |
Vitesse | 90 km/h |
0 à 50 km/h | 8,3 sec |
(Mise à jour du 15 février 2018)
Grâce à l’AX et la Saxo électriques, Leroy-Somer, entreprise fondée en 1919 à Angoulème et plus grand fabriquant français de moteurs électriques, a pu développé un remarquable savoir-faire dans l’automobile électrique. Au point d’intéresser le japonais Nidec, qui a racheté l’entreprise le 31 janvier 2017, pour 1 milliard d’€, et a signé le 4 décembre 2017 un accord avec PSA pour fournir au groupe français les moteurs de ses véhicules électriques: ils sont quand même forts ces Japonais !