Mis en ligne par
Ignace de Witte
le 22 octobre 2021
Si certains se souviennent des JO de 1972 à Munich c’est souvent à cause de la prise d’otages et l’assassinat de 11 membres de la délégation israélienne par le groupe terroriste palestinien Septembre Noir, au sein même du village olympique. Ce drame affreux a accaparé les médias et totalement occulté l’apparition lors de ces JO de la toute première BMW 100 % électrique, la 1602 «Elektro-Antrieb» (propulsion électrique).
Petit rappel du contexte historique: 1972 c’est un an avant le 1er choc pétrolier (1973), une époque où personne, absolument personne ne se soucie de la consommation, du prix des carburants et encore moins du réchauffement climatique. Mais BMW est un grand constructeur parce que justement il fait de la R&D à 360°, explorant toutes les pistes qui, un jour ou l’autre peuvent se révéler intéressantes.
La 1602 électrique est extérieurement impossible à distinguer de la version thermique, à part l’absence de sortie d’échappement. C’est sous le capot que cela se passe: un pack de 12 batteries classiques acide-plomb de 88 ah (Varta), disposées sur deux étages (8 au dessus, et 4 en dessous), occupe tout l’espace de la baie moteur. Pas de radiateur mais un ventilateur électrique permet le refroidissement des batteries.
Photos © BMW’s Classic Center
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Ces 12 batteries 12 volts branchées en série permettent d’obtenir 12x12 = 144 volts de tension, pour alimenter un moteur électrique, développé par Bosch, placé au plus près, c’est-à-dire à la place de la boîte de vitesse. Ce moteur développe 32 kW et permet à la voiture d’atteindre 100 km/h. La puissance est transmise aux roues arrières. Toute l’électronique de puissance est installée à la place du réservoir d’essence et est accessible par une trappe aménagée dans le coffre.
Il n’y a pas de boîte de vitesses et à la place du levier sur le tunnel entre les deux sièges avant, on trouve un petit joystick pour passer de la marche avant (V) à la marche arrière (R). Si on ouvre la boîte à gants, on découvre un gros bouton rouge, pour couper le courant en cas de besoin.
Le pack de batteries acide-plomb pèse à lui tout seul 350 kg et le moteur électrique 85 kg. La voiture est lourde, du moins pour l’époque (1330 kg) et son rapport poids/puissance ne peut rivaliser avec celui des thermiques.
La 1602 électrique a parfaitement rempli sa mission de vitrine technologique de BMW à l’occasion du marathon olympique de Munich (les coureurs étaient contents de ne pas respirer de gaz d’échappement) mais n’a pas dépassé le stade de prototype. BMW en a en fait construit deux exemplaires, absolument identiques et de la même couleur «orange Inka», par prudence, dont un est exposé au BMW Classic Center.
BMW 1602 ⚡électrique⚡ (e10) de 1972 | |
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Longueur | 4230 mm |
Largeur | 1590 mm |
Hauteur | 1410 mm |
Cx | 0,38 |
Moteur électrique Bosch DC | |
Poids du moteur | 85 kg |
Puissance | 43 ch (32 kW) |
Pack 12 batteries Varta | |
Tension | 12x12 = 144 volts |
Capacité | 12,6 kWh |
Poids des batteries | 350 kg |
Poids total à vide | 1330 kg |
V-max | 100 km/h |